BD / Manga

(New) Kids on the slope*

Kids-on-the-Slope-T1Oui, bon, elle était facile celle-là, j’avoue, mais ça aurait été dommage de ne pas la faire ! ^ ^

Tout ça pour vous parler de mon petit coup de coeur manga du jour.

Je me baladais dans le rayon « Manga » d’Auchan, ne trouvant rien, prête à passer à la caisse, quand mon oeil fut attiré par cette couverture un peu singulière, au titre intriguant.

A première vue, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une énième histoire de lycéens qui se suicident en masse, ou de lycéens qui s’entretuent les uns les autres, ou quelque chose de ce type . Lassée de ce genre d’histoires – trop vues et un peu toutes les mêmes à mon goût – j’ai failli ne pas poser la main dessus. Heureusement ma curiosité l’a emporté !

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Kids on the slope, ou Sakamicho no Appolon en VO (« Apollon sur la pente »), est un manga de Yuki Kodama, édité par Shogakukan au Japon et Kazé en France (Kazé, racheté par Shogakukan).

Loin d’être une histoire de meutres, de suicides ou d’horreur, il s’agit en fait d’un manga « lifestyle », tranche de vie, entre le shojo, le josei et le seinen. Je rappelle au passage, pour ceux qui ne le savent pas, que les shojo s’adressent à un public féminin plutôt jeune, les josei à un public féminin adulte et les seinen à un public mixte de tous âges. Je rappelle aussi que les mots étrangers ne prennent pas de « s » au pluriel, des fois que vous pensiez que je les ai oubliés !

Le résumé de l’histoire : Été 1966,  Kaoru Nishimi, un jeune lycéen de type « intello à lunettes » arrive à Kyushu et intègre son nouveau lycée. Dû au travail de son père, il a l’habitude d’en changer régulièrement, mais à cause d’un petit problème de « santé », les choses se sont plutôt mal passées les dernières fois. Il fait donc tout cette fois pour ne pas être handicapé par ce problème, ou du moins pour que les autres élèves ne le remarquent pas.

Tout dérape pourtant assez vite, car comme il est plutôt brillant, il se met à dos les cancres de la classe, et aussi les bons élèves qui en sont jaloux. La tête de turc actuelle l’a aussi prévenu que lorsque Sentarō Kawabuchi, le caïd de la classe se montrerait, ce serait sûrement le début de son calvaire.

Heureusement, dès le résumé au dos du livre, on sait que la violence au lycée n’est pas le sujet de ce manga, sinon, je ne l’aurais pas acheté.

Lorsque le fameux Sentarō Kawabuchi fait son apparition, l’histoire commence réellement. Les deux garçons vont se rencontrer d’une manière vraiment inattendue, et la scène (que je ne vous raconte pas pour ne pas vous spoiler) est vraiment très drôle ! Les deux garçons vont se rendre compte, après quelques péripéties et histoires burlesques, qu’ils partagent une passion commune : la musique ! Le jazz pour Sentarō qui joue de la batterie, et la musique classique pour Kaoru qui est un prodige du piano.

kidsIMG_342Apparait aussi Ritsuko, une jolie jeune fille plutôt timide et sérieuse, mais pas tant que ça, amie d’enfance de Sentarō, dont le père tient une boutique de disques, et qui sera, comme on peut s’en douter, l’élément féminin d’un triangle amoureux, classique dans le manga.

Rappelant un peu Orange Road pour le côté nostalgique, Lucile amour & rock n’roll pour la musique « nouvelle » et la boutique du père où la bande se réunit, et Nana pour l’histoire d’amitié « entre deux êtres que tout oppose » ainsi que les cases où Kaoru s’adresse en voix off à Sentarō, cette histoire est vraiment fraîche et bienvenue. Et bien que l’on ait des bases un peu déjà-vues – amitié, amour naissant, triangle amoureux – l’histoire est originale.

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J’ai aimé le style « tranche de vie » comme les japonais savaient si bien le faire dans les années 80-90, mais raconté et dessiné de façon moderne, les personnages pas caricaturaux, et bien sûr le background musical, avec l’arrivée du jazz au Japon.

Le dessin m’a vraiment beaucoup plu. Le trait est léger, élégant, simple, efficace, moderne. Pas de chichi dans les yeux, et pourtant très expressif. La mise en scène est parfaite, fluide, dynamique. On glisse au fil des pages sans s’arrêter avant la fin.

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Au Japon, Kids on the slope a remporté un grand succès, gagné le prix du meilleur seinen lors du prix Shogakukan en 2012 et a été adapté en dessin animé par Shinichiro Watanabe, le réalisateur de Cowboy Bebop entre autres. Malheureusement, dans cette version animée les yeux sont assortis des petites lueurs « bling-bling » usuelles, ce qui – je trouve – enlève tout le charme et la particularité du dessin d’origine. Peut-être que c’était indispensable pour séduire un large public ? Ou bien essentiel à la dynamique du dessin en mouvement ?

Cette image, trouvée sur Tumblr, m’a d’abord laissé penser qu’il existait aussi un drama (série japonaise), mais il s’agit en fait d’un (très bon) cosplay :

kidstumblr_ml7hvq1Qbr1s64cszo1_500Un conseil, si vous ne savez plus quoi lire, voilà un chouette manga à mettre dans votre bibliothèque !

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Bon samedi à tous !

* Le titre de mon article « (New) Kids on the slope » fait référence au nom du groupe New Kids on the block, l’un des premiers boys band apparu en France dans les années 80, et dont j’étais super fan. Souvenez-vous : « Step by step… houuuu baybyyyy… » ^ ^

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