Dessin

Matos de dessin

J’en parlais avant de parti en vacances, je me suis acheté un peu de matériel de dessin, pas beaucoup car je sais que la probabilité que je ne m’en serve jamais existe belle et bien, dû à mon problème de procrastination. J’avais très envie de tenter les feutres qu’utilisent les japonais, à savoir les Neopiko de la marque Deleter, mais comme ils coûtent très cher en France, je n’ai pas pu acheter toutesl es couleurs qui me faisaient envie. Je le ferais en plusieurs fois ! Pour compenser, j’ai aussi pris des Towbow, modèle que je ne connaissais absolument pas, mais qui coûtent moins cher, donc à tester. Et puis un Copic aussi pour voir.

Une fois à la maison j’ai essayé tout ça vite fait sur une feuille (je vous montre plus bas), et on peut voir une vraie différence entre les feutres chers et les moins chers. Et aussi une différence entre les Neopiko et les Copic qui coûtent à peu près le même prix. les Neopiko ont un rendu très doux, très soyeux, et les Copic se rapprochent plus des Tria (anciennement Pantone).  Les Towbow quant à eux ont des couleurs sympas mais laissent des traces… de tracé ! Vous voyez ce que je veux dire ? Pas l’idéal quoi ! tandis que les Neopiko laissent des traces de… velouté ! ^ ^

Je me suis aussi pris un bloc de dessin « spécial BD-manga-illustration » estampillé « Angoulême BD », pur produit marketing, j’en suis consciente, dont le papier m’a particulièrement plu ! Je l’ai essayé sur place avant de passer à la caisse. 4,95€ le bloc de 15 feuilles quand même.

Au final j’en ai eu pour 56€, la peau des fesses pour si peu de choses … Mais mieux vaut se concentrer sur l’objectif final : faire de bô dessins !!

Et voici donc le rendu des feutres, avec, pour chaque couleur, le rendu deux couches en haut, et le une couche en dessous :

Maintenant je n’ai qu’une envie, c’est de retourner au Japon pour m’acheter pleins de Neopiko pas cher !!! ^ ^

BD / Manga

Polina, mon coup de coeur BD du jour

J’ai bien fait de toutes les mater, les chroniques BD de Pénélope, parceque là c’est carrément le gros coup de coeur ! Autant pour « Trop n’est pas assez » je n’ai pas compris son engouement, autant là je vais avoir du mal à parler de Polina sans dire la même chose qu’elle ! :)

Cette BD m’a embarqué, m’a fait vibrer, m’a bouleversée ! C’est monté crescendo, au début j’aimais bien, au milieu j’aimais beaucoup, et à la fin j’adorais ! Tellement que j’ai eu envie de la relire une deuxième fois, pour bien la savourer dès le début ! Mais il était très tard et j’ai préféré dormir parcequ’ aujourd’hui j’avais pas mal de travail en retard !

C’est rigolo parcequ’à la base j’avais un à priori très négatif sur l’auteur. J’avais feuilleté quelques-uns de ces derniers ouvrages il y a peu de temps, de ses séries « l’Amour », « La Famille », et j’avais trouvé ça assez vulgaire, autant dans le fond que dans la forme. Je m’étais dit, une fois de plus, que je devais passer à côté de quelque chose, vu le succès de cet auteur, mais que non, vraiment, je n’avais pas été plus emballée que ça.

En ce qui concerne Polina, l’histoire raconte la vie  d’une danseuse, Polina donc, dont on suit le parcours pendant plusieurs années, de son enfance à sa trentaine. Ses amis, ses amours, son apprentissage, ses joies, ses peines. Mais le vrai sujet est justement l’apprentissage et la relation de prof à élève. Et c’est ça qui m’a beaucoup touchée. On a tous, artistes, créatifs et passionnés de tous genres, sauf si on est autodidacte, un prof qui nous a marqué, à qui on continue de penser, même à l’âge adulte, et dont on se remémore les conseils ou critiques, en se disant « ah oui, c’était donc ça dont il parlait », et on le comprends seulement des années plus tard. Et on a envie d’aller retrouver ce prof et de lui dire merci, et qu’on a bien compris ce qu’il nous disait. Eh bien voilà de quoi il s’agit, de passion, pour la danse, mais il pourrait s’agir de n’importe quelle passion, et de passation de savoir. Non, pas vraiment, plutôt de comment un bon prof peut sublimer et faire éclore un talent naissant. C’est vraiment passionnant.

D’ailleurs en me renseignant sur Bastien Vives, j’ai vu qu’il avait fait Penninghen et les Gobelins, deux écoles très prestigieuses, donc y aurait-il aussi une part d’expérience personnelle là-dedans ?

En tous cas, encore une fois certains s’arrêteront au style graphique en disant des idioties comme « oh non, je n’aime pas, ce n’est pas « bien dessiné », pas assez « détaillé », ce que j’aurais pu pensé à une époque, et ils n’auront rien compris. Ce qui compte c’est l’expressivité, et je trouve le dessin de Bastien vives très dynamique, très stylé. Enfin voilà, il a fait Penninghen et les Gobelins, on aura beau dire ce qu’on veut, mais les écoles réputées ne le sont pas pour rien, et les gens qui en sortent sont souvent très bons. Ce qui est normal vu la sélection à l’entrée me direz-vous ! :) Plus je vieillis et plus je me dis que les gens talentueux sont avant tout malins et observateurs (avant même d’avoir fait une quelconque école). J’ai, pour ma part, été trop longtemps beaucoup trop centrée sur moi-même pour pouvoir progresser et arriver au top niveau, mais il n’est jamais trop tard !

Tiens d’ailleurs ça me rappelle une scène d’un de mes films cultes, « Mina Tannenbaum » (d’où mon pseudo, eh oui !). Mina est élève aux beaux-Arts, et dans une scène elle se fait prendre à partie par son prof de peinture qui lui dit, très en colère, que tant qu’elle n’arrivera pas à regarder autre chose qu’elle-même elle n’arrivera à rien. Elle ne comprend pas, et est très vexée. J’avais 18 ans quand j’ai vu ce film, et je n’avais pas compris, à l’époque, ce que ça voulait dire, où ça voulait en venir. C’est seulement récemment que ça a pris sens pour moi. C’est l’avantage de prendre de l’âge, on comprend de plus en plus de choses. Aujourd’hui ce que j’en comprend c’est qu’on est souvent centré sur soi-même, sans même s’en rendre compte, et lorsqu’on dessine (par exemple) on regarde plus notre trait que le dessin, on pense plus à la technique qu’à ce qu’on veut exprimer. Et comme on ne regarde pas l’ensemble, le dessin n’est pas réussi. Quand je revois mes anciens dessins, c’est ce qui me saute aux yeux en tous cas ! C’est ce que je disais dans mon tuto sur comment dessiner une pin-up manga, prenez du recul !! :) Il y en a qui comprennent plus vite que d’autres, ce sont les plus talentueux.

Je m’égare toujours un peu en cours de route, donc revenons à notre belle danseuse ! Le style graphique, assez brut, à l’encre, ne me plait pas particulièrement, mais il est bien maîtrisé, subtil, et s’accomode bien avec l’histoire, donc si à première vous vous « ah non, j’aime pas », essayez de passer au-delà, parceque cette BD est magnifique dans son ensemble !

Le récit commence par une scène où Polina, encore enfant, se rend avec sa mère à une audition pour intégrer une école prestigieuse. A ce moment de l’histoire on ne sait pas encore s’il s’agit d’une mère « abusive » qui pousse sa fille à la réussite pour vivre son éventuelle future célébrité par procuration, ou si c’est la petite fille qui a choisi cette voie. peut-être un peu des deux, on ne le saura pas. Ce qui est sûr c’est que Polina est passionnée, et fera tout pour toucher l’excellence dans son domaine. Lorsque ses camarades pleurent ou abandonnent devant l’apparente dureté de leur professeur, Polina serre les dents, craque parfois, mais n’abandonne pas. Et de rencontres en expériences, elle va toucher au but et devenir l’une des meilleurs danseuses mondiales. On a rien sans rien, et on n’excelle pas sans énormément de travail, voilà aussi ce que nous dit ce récit. Ce n’est pas nouveau, mais c’est bien de s’en souvenir de temps en temps, surtout quand on est une procrastinatrice de mon niveau ! ^^

Je ne veux pas tout vous raconter et vous gâcher le plaisir, donc je ne dirais rien de plus sur le reste de l’histoire ! Sachez juste que c’est raconté avec beaucoup de grâce et de charme, et qu’une fois commencé on ne peut pas s’arrêter avant la fin !

Une BD vraiment touchante, de part la façon dont s’est raconté, les scènes choisies, les dialogues. J’ai trouvé le traitement intelligent, par exemple le professeur principal de l’histoire est toujours dessiné de façon assez schématique, et toujours de la même façon. c’est « le prof à barbe et à lunettes » tel que le perçoivent les élèves j’imagine. Un prof, rien de plus. Puis vers la fin, vient une scène où Polina le retrouve après plusieurs années (argh, j’espère ne pas trop en révéler !!) et on le voit de près, très en détail. Ce n’est plus juste un prof, mais quelqu’un qui prend vie, qui n’est plus juste « le prof » mais l’être humain que Polina a envie de remercier et de connaître mieux. Ça m’a beaucoup plu ça j’avoue !

Donc voilà, si vous voulez lire une bonne BD, allez-y ! Je l’ai emprunté à la bibliothèque mais dès que j’en aurais l’occasion je l’achèterais, avec mes sous, parceque c’est ce que j’appelle de la BD ! :)

Sur ce, bon samedi les amis ! :)

BD / Manga

BD : La déception du jour

!!! Attention spoiler !!! Ne lisez pas ce qui suit si vous n’avez pas encore lu le livre et comptez le faire ! :)

J’adore Boulet et j’adore Pénélope Baguieu, mais là, pas glop malheureusement. Et c’est pourtant édité par Delcourt, mon petit préféré.

Bon ok, ça sentait le coup marketing à plein nez, prendre les deux jeunes auteurs français les plus en vue et leur coller un projet commun, mais je n’ai rien contre les coups marketing. Sauf que là non, c’est juste une BD qui a été faite « comme ça », sans amour, comme un plat tout fait à réchauffer au micro-onde qui nous laisse sur notre faim. Pas ceux qui sont vraiment dégueulasses, non, plutôt ceux qui ont un goût potable, un beau packaging, qui nous met bien en appétit, mais qui se composent de trois pauvres grains de riz et deux micro bouts de poulet. Et puis la sauce aurait été faite avec du gingembre et des herbes de provence, deux ingrédients sympas chacun de leur côté mais qui ne sont pas forcément bons ensemble. Vous voyez ce que je veux dire ?

Adapter le dessin girlie-humoristique de Pénélope pour une histoire psycho-dramatique (puisqu’au final il s’agit de ça), pourquoi pas, ça le fait plutôt bien d’ailleurs, c’est pas déplaisant, et puis c’était un sacré challenge, mais je pense qu’un autre style graphique – pas forcément dramatique ou sérieux d’ailleurs- aurait été plus percutant. Il aurait peut-être suffit que les rôles soient inversés, et que ce soit Boulet qui dessine et Pénélope qui fasse le scénario ? Je dis ça parcequ’en refermant le bouquin je me suis demandé pourquoi je n’avais pas été emballée et ce qu’il aurait éventuellement fallu faire pour que je le sois. Je me suis aussi demandé ce qu’apportait la couleur ? Rien ! Il aurait été dessiné juste en noir et blanc que ça aurait eu une autre saveur. Et ça aurait pû couter 10€. Et là j’aurais été un peu moins frustrée. Et puis ça m’a agacé aussi ce « tic » de mettre de l’humour partout tout le temps. Comme si un auteur étiqueté « rigolo » devait le rester en toutes circonstances. En mettre un peu ok, mais tout le temps, à chaque case, rien que dans le style du dessin, c’est un peu lourd.

Et Boulet au scénario, sur une histoire de fille, même si ce n’est pas vraiment une histoire de fille… mais si en fait puisqu’il s’agit d’une histoire de quête d’identité… mmm… mouais… On peut dire que le sujet peut concerner les hommes et les femmes, sauf que les deux sexes ne réagissent pas pareil aux situations et à la vie, et là j’ai trouvé que ça ne collait pas, malheureusement. Et puis suivre la vie de cette pauvre fille, qui est vraiment l’archétype de la nana que je trouve sans intérêt dans la vraie vie, c’était assez pénible. Alors bien sûr Pénélope y ajoute un peu de sa personnalité et ça me l’a rendue parfois un peu rigolote ou touchante, mais c’était pas suffisant, et je me disais sans cesse « quel manque d’originalité », à la fois dans le personnalité de l’héroine – c’était voulu mais ils y sont vraiment allés au ras des paquerettes – et à la fois dans le traité et la mise en scène de l’histoire. Et puis je me suis dit que ce n’était pas réaliste car même s’il est vrai que l’on change et que l’on évolue tout au long de notre vie, on ne change pas radicalement, et une fille qui lit du Marc Levy ne peut pas un jour se réveiller en se disant « Merde mais comment j’ai pu lire du Marc Levy ? ». Et puis donner des exemples de beaufferies c’est assez délicat parcequ’on est tous le beauf de quelqu’un, et y’a pleins de sortes de gens banals (ou beaufs) qui lisent autre chose que du Marc Lévy. Oui, bon, il fallait des références que tout le monde puisse comprendre, ok. (Ça continue quand même de s’adresse à un public parisien, faut pas déconner !) Et voilà, c’est là que le bas blesse ! Les deux auteurs sont amenés ici à livrer un truc grand public. Erreur fondamentale parcequ’on perd tout ce qui fait leur charme à Boulet et Péné ! Enfin je crois, je sais pas, et j’ai parfois du mal à analyser les choses de façon pragmatique, donc je vous dis ce que j’ai ressenti un peu comme ça, en vrac.

Je ne sais pas si ce projet est 100% de leur volonté et de leurs idées, ou si on leur a passé commande, mais une chose est sûre, ça sent plus la contrainte et la précipitation que le plaisir et l’attention.

Le pire dans cette histoire, c’est l’attente vaine. Ok, ça raconte un truc, mais tellement pas grand chose. Une tranche de vie. Ce qui fait l’intérêt d’une tranche de vie, ce sont les situations, les personnages, et là même si tout ça est bien sympa, ça reste très plan-plan et déjà-vu. Ça m’a rappelé les trucs très prétentieux et sans intérêt qu’on fait quand on est étudiants (en art). On est tout contents d’avoir eu cette idée et d’avoir réussi à la réaliser jusqu’au bout, puis quand on regarde le résultat, quelques temps après, on voit la chose telle qu’elle est, avec notre expérience et notre savoir acquis au fil du temps en plus. Car cette idée de départ sur la quête d’identité n’était pas si mauvaise, mais la réalisation n’a pas suivie. Manque de passion et d’intentions sûrement. Et puis peut-être qu’il leur est arrivé ce qui m’arrive parfois : à vouloir trop bien faire on passe à côté de l’essentiel en s’attardant sur des détails et en se mettant une pression inutile.

Je me suis demandé tout du long à quel moment ça allait vraiment démarer, à quel moment on saurait de quoi ça parle, et j’ai eu ma réponse à la dernière page. Rude quand même. Il arrive parfois qu’on soit scotchés en une case, ou qu’on ai notre compte en une page, mais là ça n’a malheureusement pas été le cas. Et je me suis dit « merde, 20€ pour ça ! ». C’était gentil, pas déplaisant, mais ça tourne en rond, ça raconte la même chose pendant 200 pages … et à 10€ à la limite j’aurais été moins frustrée, mais là arg ! outch ! 20€ quoi ! Ça m’a fait trop mal au porte-monnaie et je suis allée le rendre le lendemain…

Pardon Mr Boulet, pardon Melle Baguieu, je vous aime, mais votre enfant est prématuré, je ne peux pas l’adopter, je préfère vous le rendre …

Peut-être aussi que le sujet était trop ambitieux pour un one-shot (=BD en un volume) et qu’il aurait mieux valu plusieurs volumes ou carrément un film, avec des vrais gens et des dialogues, je ne sais pas. Ou peut-être qu’il fallait plus et mieux travailler en amont, et plus penser au déroulement de l’histoire et aux évènements que d’y aller freestyle à partir d’une idée. Je ne sais pas s’ils y sont allés freestyle, mais j’ai eu le sentiment de quelque chose de pas assez approfondi, pas assez réfléchi, pas assez travaillé. Je ne sais pas, mais c’est l’idée que je me suis fait. Et puis il manquait quelque chose de crucial : le climax ! Le moment culminant de l’histoire, l’instant où on se dit « ah ouais !!! » ou « ohhh !!! » ou n’importe quoi qui nous prend aux tripes ou nous interpelle. La chute de l’histoire quoi. On en trouve quand même vaguement un sur la dernière page, dans l' »explication », mais il est tellement bref, mou et sans consistance qu’il nous laisse quand même un sentiment d’inachevé et de bâclé. Ah puis j’ai aussi eu l’impression, mais ça devait être fait exprès, qu’ils s’étaient rendus compte trop tard qu’ils avaient pris trop de pages pour raconter « la perte de mémoire et ce que ça peut avoir de rigolo ou de cocasse », qu’ils se sont dit « bah c’est pas grave, on a qu’à conclure en une seule page, ça sera bien ». Oui mais non, c’est pas bien.

J’avais vraiment envie de savoir ce qu’il était arrivé à cette pauvre fille qui avait perdu la mémoire, donc j’ai avancé, avancé, avancé, limite galopé pour arriver au moment où il se passe des trucs, des vrais trucs je veux dire. Des sentiments, des émotions, quelque chose d’un peu subtile. Parceque le récit d’une histoire c’est sympa, mais sans sentiment ça tombe à plat. Puis je suis arrivé à 3 pages avant la fin, et je me suis dit « non, c’est pas possible, y’a rien eu là, et j’espère qu’ ils ne vont pas nous faire le coup de nous laisser en plan, sans nous dire ce qu’il en est !! ». J’avais fait exprès de ne lire aucune critique ni aucun article pour avoir l’entière surprise. Mais non, il y a bien une fin, bâclée en 1 page, voire une case, comme s’il n’y avait plus assez de papier et qu’ils n’avaient pas fini de tout dire. Sans compter que pleins de pistes sont évoquées tout au long du récit (mais que faisait-elle à montgallet ? D’où vient ce don pour les chiffres, etc.) sans jamais être abouties ou trouver de suite. Pleins d’idées pas développées, alors que ça aurait pû être tellement riche. Quel dommage.

Je n’ai peut-être rien compris, ou pas vu les subtilités du récit, n’empêche qu’au final je me dis que ça ressemblait plus à une introduction qu’à une histoire complète, et que la fin ressemblait plus à un début. Sauf que comme ça s’arrête, ben on referme le livre le ventre vide.

Vous devez vous dire que je suis dure et sans pitié mais comme on le sait, qui aime bien châtie bien !

De mon côté j’espère ne pas trop vous avoir ennuyés avec ma critique super longue et un peu brouillon ! :) Et puis ce n’est que mon avis, peut-être que vous le lirez et adorerez ! Mais quand même, un conseil, si vous faites un peu attention à votre budget, attendez de le trouver d’occasion ! ;)

Bye n’cha !

BD / Manga

Coup de coeur BD #01

Encore une nouvelle rubrique que j’inaugure, le coup de coeur BD, qui inclus donc uniquement la production franco-belge car, eh oui, j’en lis aussi ! :))
Il y aura aussi certainement par la suite d’autres rubriques qui s’ajouteront, comme par exemple « la déception manga » ou d’autres genres de « déception » ! :)

Mais je vais vous parler aujourd’hui de Tokyoland, qui est tout sauf une déception !
Comment ça il y a tricherie sur l’intitulé ? Non, je vous assure, ça parle du Japon mais c’est bien fait par un français !! De plus un français que j’ai peut-être côtoyé car il était dans le même cours de BD que moi à la fac, avec le super Mr Chazelas en prof. Mais je ne me souviens pas de lui, donc on y était peut-être pas la même année, bien que sa tête me dise quand même un petit quelque chose …

Pour en revenir à cette BD, je pense qu’elle a souffert d’un manque de promo ou de mise en avant parceque je n’en avais jamais entendu parler, avant de voir un tout petit article il y a une semaine dans je ne sais plus quel magazine que je feuilletais avant de le jeter. A partir de là, il était clair que je devais la lire ! L’histoire d’un gars qui est parti vivre au Japon et qui a passé quelques années à faire assistant de mangaka ne pouvait que m’intéresser !

J’ai eu du mal à la trouver car ça fait un petit moment que c’est sorti (2009). D’abord dans une librairie de BD vers Bastille, ils ne l’avaient plus (du coup ils l’ont recommandé pour en ravoir en stock, l’auteur peut me remercier ^ ^) mais je n’ai pas attendu une longue semaine et je suis allée à la Fnac ! A la Fnac St-Lazare, nada, ils ne l’ont plus et ne la commandent plus (pourquoi s’il vous plaît ??), par contre à la Fnac des Halles ils en restaient 2 ! Youpi ! Non mais !

D’abord je voudrais dire bravo à l’auteur, qui ne s’est pas contenté d’adopter un style manga, qui pourtant aurait sûrement été facile pour lui (je pense qu’après avoir été assistant au Japon, on peut tout faire). Au contraire, il a trouvé un style original et personnel qui m’a un peu  rappelé les BD de Daniel Clowes ( Ghost World), surtout dans la colorisation très réussie en bichromie (2 couleurs), ou encore les BD indépendantes telles que celles de Julie Doucet que j’aime beaucoup. L’utilisation des trames est aussi très bien maîtrisée, et la mise en scène sans accro et bien amenée. L’histoire raconte un bout de vie de l’auteur, et comme vous l’aurez compris, les bouts de vie, les histoires autobiographiques, c’est mon truc !

J’avais lu une critique d’un internaute sur le site de la Fnac qui disait que si on était jamais allés au Japon et si on ne s’intéresse pas spécialement à ce pays, le récit est sans  intérêt. Nan mais pauv’ gars, il a rien compris à la vie je crois ! L’histoire se passe au japon, et raconte la période de vie que l’auteur a passé là-bas, mais ce n’est pas ça le sujet central (puisque le sujet central c’est l’auteur) ou alors c’est moi qui n’ai rien compris ? Je pense qu’il faut vraiment avoir l’esprit étriqué pour penser ça de cette BD. Si je l’avais lu il y a 15 ans, à l’époque où je n’étais pas encore à fond sur les trucs japonais, ça m’aurait plu quand même. Ça raconte quelque chose, et ça le raconte bien, c’est quand même l’essentiel d’une bonne histoire non ? Rien que le début de l’histoire qui commence par une crise de jalousie de la copine du protagoniste envers une japonaise m’a bien fait marrer ! (et m’a rappelé certaines choses personnelles .. aheum!). Et puis l’histoire du vélo m’a bien fait marrer aussi ! Je ne vais pas vous spoiler en vous en racontant plus, mais on suit dans Tokyoland l’itinéraire d’un mec qui part au Japon un peu sur un coup de chance, un peu sur un coup de hasard, en pensant savoir ce qu’il va y faire, et qui se trouve finalement complètement immergé dans la vie japonaise, en trouvant un travail, en côtoyant des gens, en vivant quoi ! Je dois bien avouer que la partie où il devient assistant, même si ça a l’air assez horrible à vivre sur le coup, avec les heures de travail à n’en plus finir et sûrement un maigre salaire, m’a quand même fait rêver ! Sachant que les japonais excellent dans ce domaine (la BD) tant au niveau de la mise en scène que de la maitrise du jeu des émotions, des personnages, de la qualité de leur trait, j’imagine le niveau qu’on doit avoir en sortant d’une telle expérience ! Et c’est là aussi qu’on voit ce qu’en a retiré l’auteur, une parfaite maîtrise de l’art de la BD ! Lui, au contraire, a tout compris ! Franchement, chapeau !

Moi cette BD je la trouve top ! Le scénario est parfaitement amené, le dessin est ce qu’il est, pas trop mon style pourtant, mais pareil, à 100% maîtrisé et « bien fait » donc on s’en fout si c’est pas le style de truc qu’on aime bien d’habitude parceque ce qui est important c’est que ça serve l’histoire et que finalement on l’oublie pour être complètement pris dans l’histoire. J’ai pris du plaisir à lire cette BD, ça m’a fait voyager à nouveau dans mon pays coup de coeur par excellence, et je la relirais sûrement et je ne regrette pas les 15€ que j’ai dépensé, même si 15€ c’est quand même un peu cher pour la chômeuse que je suis, et que 10€ ça aurait été vraiment parfait ! Il est possible aussi que ça me touche parceque ça me ressemble, parceque ça raconte des choses qui me parlent, que ça me raconte ce qu’est devenu un des confrères de fac ! Ça marche souvent comme ça les coups de coeur ! Mais voilà, pour résumer, j’ai vraiment beaucoup aimé !