BD / Manga

Ne plus croire Pénélope – 2/2

Ma deuxième déception, suite au visionnage frénétique des chroniques BD de Pénélope Bagieu (la célèbre bloggeuse BD, auteure de « Ma vie est tout à fait fascinante ») a été cette BD de Lewis trondheim : Ralph Azham.

Toute contente que j’étais, quand j’ai trouvé les 3 volumes à la biliothèque ! Lewis Trondheim est pour moi une référence en matière de BD décalée/débile/absurde vachement bien, et un de mes auteurs français préférés, et ça fait un sacré moment que je n’avais rien lu de lui, ça tombait bien. Jadis, dans les années 90, j’avais adoré « La mouche », « Mildiou » ou encore « Le pays des trois sourires ». Plus tard j’ai lu une histoire pour enfants, « Monstrueux bazar », que j’ai aussi beaucoup aimé. Grand auteur ce Mr Trondheim.

Je lui lance quelques fleurs avant de vous dire que je n’ai pas aimé sa BD, vous l’avez compris… :)

Je ne savais pas du tout à quel genre d’histoire m’attendre avec ce Ralph Azham, si ce serait une épopée, une histoire intimiste ou quoi. Malheureusement il s’agit de l’histoire d’un individu, tête de turc de son village, et j’aime pas les histoires de tête de turc, ça me met mal à l’aise. Quand je lis une histoire ou quelqu’un se fait maltraiter sans raison et tout le temps, j’ai juste envie de refermer le bouquin parceque je trouve ça pénible. Pourtant je n’ai jamais été moi-même une tête de turc, donc rien de personnel. Mais je souffre avec l’individu, et je n’ai pas envie de souffrir dans la vie ! :)

Donc là, on comprend dès les premières pages qu’on à affaire à ce genre d’histoire, et du coup ma motivation est directement retombée. Et c’est très personnel comme avis, puisque comme je vous le disais, je n’ai lu que des éloges sur cette BD. En tous cas j’ai du mal à en venir à bout, à trouver l’envie de continuer, parceque je ne suis pas « palpitée » par l’histoire, je n’ai pas spécialement envie de savoir ce qui se passera ensuite. Très honnêtement j’ai déjà connu Lewis Trondheim plus inspiré ! Outre cette histoire de tête de turc, il n’y a rien qui m’a accroché assez pour le moment pour que j’ai envie de continuer. Les bonnes critiques me font penser que je passe peut-être à côté de quelque chose, alors je vais quand même aller au bout de ce premier volume pour voir, pour être bien sûre.

Je vous en dirais plus dès que ce sera fait !

BD / Manga

Ne plus croire Pénélope – 1/2

Il y a quelques semaines je suis tombée par hasard sur les fabuleuses chroniques BD de Pénélope Bagieu, et j’ai totalement été conquise par ses petits témoignages filmés, à tel point que je me les suis tous regardés en une après-midi. Rien fichu d’autre, alors que j’avais plein de boulot en retard. J’étais toute émoustillée de découvrir toutes ces merveilles dont je n’avais jamais entendu parler avant, et je crois que si j’avais eu les sous je les aurais commandés directement sur le site de la Fnac. Parceque j’adore les mangas, j’en lis énormément, mais ce que j’aime en vrai, c’est la BD en général, pas que celle du Japon !

J’avais donc envie de tout lire, tout de suite là maintenant, tellement cette fille est convaincante (et a l’air super sympa). Comme il y en avait quand même pas mal, j’ai choisi d’en acheter une, une de celles qui me faisais le plus envie, pour voir, et d’emprunter les autres à la bibliothèque. Je me méfie souvent des oeuvres qui ont eu des prix, et surtout de celles qui ont un prix à Angoulème, mais là je me suis dit que peut-être pour une fois c’était justifié ?

C’est donc le jour où je suis allée chez BD Net et que j’ai acheté « A nous deux, Paris » que j’ai acheté le pavé d’Ulli Lust, « Trop n’est pas assez« . Ça ressemblait vraiment typiquement à tout ce que j’adore lire en BD : un récit autobiographique racontant la jeunesse punk de l’auteure et son escapade en Italie. J’ai trouvé le titre super, très accrocheur, et la couverture très chouette, et comme il était là, sur l’étagère, je n’ai pas résisté.

Je m’attendais à quelque chose d’assez grandiose, que je kifferais beaucoup, dans la lignée du « Changement d’adresse » de Julie Doucet. C’est donc toute en ébulition que j’ai entamé les premières pages.

J’ai malheureusement assez vite déchanté. Bien que les toutes premières pages soient très prometteuses, la suite devient très vite plate. Ulli Lust nous raconte en images son adolescence punk, et sa rebellion de l’époque. Ok. Donc on lit, parceque ça raconte quelque chose, mais à aucun moment on ne ressent quoique ce soit, à part de temps en temps un peu d’agacement. L’auteure a choisi de ne pas donner son avis sur les évènements. Elle ne dit rien de ce qu’elle ressent ou pense, ou quasi rien, ni à l’époque, ni aujourd’hui, et j’ai trouvé ça vraiment dérangeant. Et puis je n’ai pas trouvé particulièrement intéressante cette jeune punk, pas très intelligente, pas très attachante. Je pense qu’être punk ce n’est pas forcément dans le physique, mais plutôt dans la tête, dans l’attitude, et cette fille je ne l’ai clairement pas trouvée très punk. Ce qu’elle raconte est punk, mais pas elle.

Elle décide de « fuguer » avec une copine parcequ’elle refuse de se laisser dicter une quelconque loi. Jusque-là tout va bien, esprit rebel, jeunesse punk, c’est logique. Mais quand on lit ensuite ce qui lui arrive dans son périple, on se demande vraiment pourquoi elle s’inflige tout ça, et on se demande pourquoi elle ne réagit pas plus que ça. (Je ne vous raconte rien pour ne pas vous spoiler, je suis sympa) :) Mais bon, on pourrait se dire que c’est là où veut en venir l’auteur : parfois, en quête de liberté, on se retrouve plus enfermé et plus contraint que si on ne s’était pas « rebellés ». Sauf que comme je le disais, l’auteure ne nous dit rien, ne nous donne aucune piste sur « que penser de tout ça ? », à nous de nous faire notre propre idée. Moi je n’aime pas trop ça, j’aime bien qu’on me donne un avis, pour que je puisse être d’accord, ou pas, et connaître un peu plus l’auteur en sachant quel est son état d’esprit actuel, et qu’est-ce qu’elle retient de tout ça.

Et je ne sais pas à quoi ça tient, mais c’est raconté sans sentiment, et du coup on ne ressent rien, alors qu’il se passe pourtant pas mal de choses. Enfin, pas tant que ça en réalité, je m’en rends compte en l’écrivant. C’est ça le problème : ça ne raconte rien de transcendant, et c’est ce n’est pas raconté de façon transcendante. Beaucoup de professionnels du cinéma conseillent de se méfier du récit autobiographique car ce qu’on pense être très intéressant, car c’est notre vie, se révèle au final pas si passionnant pour les autres. Je crois que ça peut s’appliquer à tous les domaines créatifs, et que cette BD souffre clairement de ça. Est-ce que cette BD a eu autant de succès et 2 prix parcequ’elle est trash et que les gens sont toujours fascinés par le trash ? Je crois que c’est possible. Y’a un âge où on est friand de trash, entre 21 et 26 ans en général, et plus ça l’est plus on aime. Cette histoire est trash, donc tout s’explique. :)

Enfin, comme je le répète souvent, mon avis est personnel et subjectif, et pour preuve, Pénélope a adoré cette BD. Elle en parlait vraiment avec beaucoup de passion dans sa chronique, et ça avait l’air sincère. Du coup je me suis aussi demandé si c’était pas un truc générationnel ? Enfin, bien sûr que ça l’est, c’est évident, mais dans le cas précis de cette BD, peut-être que si j’avais eu 20 ans j’aurais adoré ? Je ne sais pas … En tous cas là je l’ai lue en entier pour voir et puis parceque ça se lit facilement, mais je n’ai pas été embarquée. Je ne peux pas dire non plus que j’ai trouvé ça nul car ça raconte quand même une histoire, c’est juste que j’ai trouvé que ça manquait de profondeur. j’ai lu certaines critiques qui disent que le récit est « léger et drôle », et je crois qu’il ne faut pas confondre « léger » et « plat ». Il y a des histoires simples, ou racontées de façon légère, qui sont profondes ou qui vous retournent les tripes, mais celle-ci, à mon avis, ne l’est pas, d’où ma grande déception.

Plus haut je parlais de Changement d’adresse, une BD de Julie Doucet, une auteure « punk » culte de la BD underground des années 90 d’origine québecquoise. Pour le coup son look n’était pas très punk, mais elle et ce qu’elle racontait de sa vie l’était, donc si vous avez envie de lire des histoires de jeunesse punk, lisez plutôt les BD de Julie Doucet ! « Changement d’adresse » est ma préférée, mais « Ciboire de criss« , ainsi que son « Journal » paru au début des années 2000, bien qu’un peu moins « punk », étaient très biens aussi. Elle raconte en général ses histoires de coeur, de sexe, sa première fois, sa vie d’artiste, et c’est super bien ! Trash ET bien. ^ ^

BD / Manga

A nous deux, Paris !

Attention, attention ! Gros coup de coeur BD ! Je répète : gros coup de coeur BD !

Je l’avais repéré à sa sortie, il y a quelques mois déjà, mais je ne l’avais pas encore eu sous la main, donc je n’avais pas encore craqué ! C’est chose faite, depuis avant-hier.

J’étais partie pour acheter Blue (de Naoki Yamamoto), et à défaut de le trouver je suis tombée par hasard sur A nous deux, Paris ! chez BD Net, une super librairie de BD dans le 11ème où les vendeurs sont très sympas, et où, du coup, on a envie de dépenser des sous.

J’ai ouvert vite fait la bête, histoire de me conforter dans mon envie, et hop, dans mon panier !

De quoi ça parle ? Pourquoi c’est bien ?

Il s’agit d’une BD autobiographique – j’adore ça – qui raconte une année pendant laquelle l’auteur, japonais, a vécu à Paris.
JP Nishi débarque en France avec le profond désir de devenir assistant d’un auteur de BD française. Mais en France ça n’existe pas, et il se retrouve donc vendeur dans une épicerie japonaise bien connue (Kioko il me semble, selon ses descriptions et dessins). Il se prend un petit appart, puis commence sa vie parisienne, et -entre autres- sa quête d’une petite amie.

La BD est ainsi une série de petites scénettes sur la vie parisienne à travers les yeux d’un japonais, les contrastes de culture et de mentalité. Des choses qui nous paraissent anodines et auxquelles on ne fait même pas attention, comme se faire la bise, coucher la première fois, partir à l’heure du boulot, etc., deviennent des montagnes d’incompréhension et d’apprentissage pour l’auteur. C’est hyper drôle, j’ai parfois tellement ri que j’en ai attrapé mal aux abdos !

En plus quand on vit à Pars, on reconnait pleins de lieux, et c’est super intéressant de les découvrir sous un autre oeil. La rue Sainte-Anne, le passage choiseul, la gare St-Lazare et l’aveugle qui fait la manche avec son chien et Georges Brassens à tue-tête, les quartiers, les bouches de métro, tout ça.

J’ai vraiment adoré. C’est raconté sans méchanceté, sans moquerie, avec beaucoup d’amour pour Paris et sa faune. Ça change par rapport à ce que je racontais dans mon article précédent ! ^ ^

Les 3 premières pages donnent vraiment envie de lire le reste :

Je n’ai pas l’impression d’avoir dit tout ce qu’il y avait à dire, ni de l’avoir très bien vendu, mais c’est super, lisez-le !

BD / Manga

Coup de coeur BD #01

Encore une nouvelle rubrique que j’inaugure, le coup de coeur BD, qui inclus donc uniquement la production franco-belge car, eh oui, j’en lis aussi ! :))
Il y aura aussi certainement par la suite d’autres rubriques qui s’ajouteront, comme par exemple « la déception manga » ou d’autres genres de « déception » ! :)

Mais je vais vous parler aujourd’hui de Tokyoland, qui est tout sauf une déception !
Comment ça il y a tricherie sur l’intitulé ? Non, je vous assure, ça parle du Japon mais c’est bien fait par un français !! De plus un français que j’ai peut-être côtoyé car il était dans le même cours de BD que moi à la fac, avec le super Mr Chazelas en prof. Mais je ne me souviens pas de lui, donc on y était peut-être pas la même année, bien que sa tête me dise quand même un petit quelque chose …

Pour en revenir à cette BD, je pense qu’elle a souffert d’un manque de promo ou de mise en avant parceque je n’en avais jamais entendu parler, avant de voir un tout petit article il y a une semaine dans je ne sais plus quel magazine que je feuilletais avant de le jeter. A partir de là, il était clair que je devais la lire ! L’histoire d’un gars qui est parti vivre au Japon et qui a passé quelques années à faire assistant de mangaka ne pouvait que m’intéresser !

J’ai eu du mal à la trouver car ça fait un petit moment que c’est sorti (2009). D’abord dans une librairie de BD vers Bastille, ils ne l’avaient plus (du coup ils l’ont recommandé pour en ravoir en stock, l’auteur peut me remercier ^ ^) mais je n’ai pas attendu une longue semaine et je suis allée à la Fnac ! A la Fnac St-Lazare, nada, ils ne l’ont plus et ne la commandent plus (pourquoi s’il vous plaît ??), par contre à la Fnac des Halles ils en restaient 2 ! Youpi ! Non mais !

D’abord je voudrais dire bravo à l’auteur, qui ne s’est pas contenté d’adopter un style manga, qui pourtant aurait sûrement été facile pour lui (je pense qu’après avoir été assistant au Japon, on peut tout faire). Au contraire, il a trouvé un style original et personnel qui m’a un peu  rappelé les BD de Daniel Clowes ( Ghost World), surtout dans la colorisation très réussie en bichromie (2 couleurs), ou encore les BD indépendantes telles que celles de Julie Doucet que j’aime beaucoup. L’utilisation des trames est aussi très bien maîtrisée, et la mise en scène sans accro et bien amenée. L’histoire raconte un bout de vie de l’auteur, et comme vous l’aurez compris, les bouts de vie, les histoires autobiographiques, c’est mon truc !

J’avais lu une critique d’un internaute sur le site de la Fnac qui disait que si on était jamais allés au Japon et si on ne s’intéresse pas spécialement à ce pays, le récit est sans  intérêt. Nan mais pauv’ gars, il a rien compris à la vie je crois ! L’histoire se passe au japon, et raconte la période de vie que l’auteur a passé là-bas, mais ce n’est pas ça le sujet central (puisque le sujet central c’est l’auteur) ou alors c’est moi qui n’ai rien compris ? Je pense qu’il faut vraiment avoir l’esprit étriqué pour penser ça de cette BD. Si je l’avais lu il y a 15 ans, à l’époque où je n’étais pas encore à fond sur les trucs japonais, ça m’aurait plu quand même. Ça raconte quelque chose, et ça le raconte bien, c’est quand même l’essentiel d’une bonne histoire non ? Rien que le début de l’histoire qui commence par une crise de jalousie de la copine du protagoniste envers une japonaise m’a bien fait marrer ! (et m’a rappelé certaines choses personnelles .. aheum!). Et puis l’histoire du vélo m’a bien fait marrer aussi ! Je ne vais pas vous spoiler en vous en racontant plus, mais on suit dans Tokyoland l’itinéraire d’un mec qui part au Japon un peu sur un coup de chance, un peu sur un coup de hasard, en pensant savoir ce qu’il va y faire, et qui se trouve finalement complètement immergé dans la vie japonaise, en trouvant un travail, en côtoyant des gens, en vivant quoi ! Je dois bien avouer que la partie où il devient assistant, même si ça a l’air assez horrible à vivre sur le coup, avec les heures de travail à n’en plus finir et sûrement un maigre salaire, m’a quand même fait rêver ! Sachant que les japonais excellent dans ce domaine (la BD) tant au niveau de la mise en scène que de la maitrise du jeu des émotions, des personnages, de la qualité de leur trait, j’imagine le niveau qu’on doit avoir en sortant d’une telle expérience ! Et c’est là aussi qu’on voit ce qu’en a retiré l’auteur, une parfaite maîtrise de l’art de la BD ! Lui, au contraire, a tout compris ! Franchement, chapeau !

Moi cette BD je la trouve top ! Le scénario est parfaitement amené, le dessin est ce qu’il est, pas trop mon style pourtant, mais pareil, à 100% maîtrisé et « bien fait » donc on s’en fout si c’est pas le style de truc qu’on aime bien d’habitude parceque ce qui est important c’est que ça serve l’histoire et que finalement on l’oublie pour être complètement pris dans l’histoire. J’ai pris du plaisir à lire cette BD, ça m’a fait voyager à nouveau dans mon pays coup de coeur par excellence, et je la relirais sûrement et je ne regrette pas les 15€ que j’ai dépensé, même si 15€ c’est quand même un peu cher pour la chômeuse que je suis, et que 10€ ça aurait été vraiment parfait ! Il est possible aussi que ça me touche parceque ça me ressemble, parceque ça raconte des choses qui me parlent, que ça me raconte ce qu’est devenu un des confrères de fac ! Ça marche souvent comme ça les coups de coeur ! Mais voilà, pour résumer, j’ai vraiment beaucoup aimé !