BD / Manga

(New) Kids on the slope*

Kids-on-the-Slope-T1Oui, bon, elle était facile celle-là, j’avoue, mais ça aurait été dommage de ne pas la faire ! ^ ^

Tout ça pour vous parler de mon petit coup de coeur manga du jour.

Je me baladais dans le rayon « Manga » d’Auchan, ne trouvant rien, prête à passer à la caisse, quand mon oeil fut attiré par cette couverture un peu singulière, au titre intriguant.

A première vue, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une énième histoire de lycéens qui se suicident en masse, ou de lycéens qui s’entretuent les uns les autres, ou quelque chose de ce type . Lassée de ce genre d’histoires – trop vues et un peu toutes les mêmes à mon goût – j’ai failli ne pas poser la main dessus. Heureusement ma curiosité l’a emporté !

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Kids on the slope, ou Sakamicho no Appolon en VO (« Apollon sur la pente »), est un manga de Yuki Kodama, édité par Shogakukan au Japon et Kazé en France (Kazé, racheté par Shogakukan).

Loin d’être une histoire de meutres, de suicides ou d’horreur, il s’agit en fait d’un manga « lifestyle », tranche de vie, entre le shojo, le josei et le seinen. Je rappelle au passage, pour ceux qui ne le savent pas, que les shojo s’adressent à un public féminin plutôt jeune, les josei à un public féminin adulte et les seinen à un public mixte de tous âges. Je rappelle aussi que les mots étrangers ne prennent pas de « s » au pluriel, des fois que vous pensiez que je les ai oubliés !

Le résumé de l’histoire : Été 1966,  Kaoru Nishimi, un jeune lycéen de type « intello à lunettes » arrive à Kyushu et intègre son nouveau lycée. Dû au travail de son père, il a l’habitude d’en changer régulièrement, mais à cause d’un petit problème de « santé », les choses se sont plutôt mal passées les dernières fois. Il fait donc tout cette fois pour ne pas être handicapé par ce problème, ou du moins pour que les autres élèves ne le remarquent pas.

Tout dérape pourtant assez vite, car comme il est plutôt brillant, il se met à dos les cancres de la classe, et aussi les bons élèves qui en sont jaloux. La tête de turc actuelle l’a aussi prévenu que lorsque Sentarō Kawabuchi, le caïd de la classe se montrerait, ce serait sûrement le début de son calvaire.

Heureusement, dès le résumé au dos du livre, on sait que la violence au lycée n’est pas le sujet de ce manga, sinon, je ne l’aurais pas acheté.

Lorsque le fameux Sentarō Kawabuchi fait son apparition, l’histoire commence réellement. Les deux garçons vont se rencontrer d’une manière vraiment inattendue, et la scène (que je ne vous raconte pas pour ne pas vous spoiler) est vraiment très drôle ! Les deux garçons vont se rendre compte, après quelques péripéties et histoires burlesques, qu’ils partagent une passion commune : la musique ! Le jazz pour Sentarō qui joue de la batterie, et la musique classique pour Kaoru qui est un prodige du piano.

kidsIMG_342Apparait aussi Ritsuko, une jolie jeune fille plutôt timide et sérieuse, mais pas tant que ça, amie d’enfance de Sentarō, dont le père tient une boutique de disques, et qui sera, comme on peut s’en douter, l’élément féminin d’un triangle amoureux, classique dans le manga.

Rappelant un peu Orange Road pour le côté nostalgique, Lucile amour & rock n’roll pour la musique « nouvelle » et la boutique du père où la bande se réunit, et Nana pour l’histoire d’amitié « entre deux êtres que tout oppose » ainsi que les cases où Kaoru s’adresse en voix off à Sentarō, cette histoire est vraiment fraîche et bienvenue. Et bien que l’on ait des bases un peu déjà-vues – amitié, amour naissant, triangle amoureux – l’histoire est originale.

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J’ai aimé le style « tranche de vie » comme les japonais savaient si bien le faire dans les années 80-90, mais raconté et dessiné de façon moderne, les personnages pas caricaturaux, et bien sûr le background musical, avec l’arrivée du jazz au Japon.

Le dessin m’a vraiment beaucoup plu. Le trait est léger, élégant, simple, efficace, moderne. Pas de chichi dans les yeux, et pourtant très expressif. La mise en scène est parfaite, fluide, dynamique. On glisse au fil des pages sans s’arrêter avant la fin.

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Au Japon, Kids on the slope a remporté un grand succès, gagné le prix du meilleur seinen lors du prix Shogakukan en 2012 et a été adapté en dessin animé par Shinichiro Watanabe, le réalisateur de Cowboy Bebop entre autres. Malheureusement, dans cette version animée les yeux sont assortis des petites lueurs « bling-bling » usuelles, ce qui – je trouve – enlève tout le charme et la particularité du dessin d’origine. Peut-être que c’était indispensable pour séduire un large public ? Ou bien essentiel à la dynamique du dessin en mouvement ?

Cette image, trouvée sur Tumblr, m’a d’abord laissé penser qu’il existait aussi un drama (série japonaise), mais il s’agit en fait d’un (très bon) cosplay :

kidstumblr_ml7hvq1Qbr1s64cszo1_500Un conseil, si vous ne savez plus quoi lire, voilà un chouette manga à mettre dans votre bibliothèque !

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Bon samedi à tous !

* Le titre de mon article « (New) Kids on the slope » fait référence au nom du groupe New Kids on the block, l’un des premiers boys band apparu en France dans les années 80, et dont j’étais super fan. Souvenez-vous : « Step by step… houuuu baybyyyy… » ^ ^

BD / Manga, Gourmandises, Japon et trucs mignons, Tricot & co

Shopping chez Junku

Comme j’ai la chance incroyable de travailler, pendant quelques temps, à deux pas du quartier japonais, il m’était impossible de ne pas aller y faire un petit tour (chaque midi ou presque) !

c’est donc mardi midi, après un bento salade-poulet et un melon-pan orange-choco des plus délicieux – dégustés sur place, à la boulangerie Aki – que je me suis dirigée vers le métro Pyramides, pour aller dépenser quelques deniers dans ma librairie préférée, Junku.

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De gauche à droite, il y a :

pochevert– « Petites mascottes en laine feutrée« , de Midori Hattori, un coffret/livre contenant tout ce qu’il faut pour fabriquer les quatres jolies petites peluches qu’on voit sur la couverture. Explications en images, pas à pas, laine feutrée, aiguille, et petits accessoires, tout y est !
Le site officiel est, lui aussi, bien joli.

– « Harajuku Press« , un magazine/guide touristique bilingue japonais-anglais, spécial quartier d’Harajuku, avec des bonnes adresse et des photos de gens lookés croisés là-bas.

– « Mes petits plats faciles« , de Etsuko Mizusawa et Masayuki Kusumi (le scénariste du manga Le Gourmet solitaire), contant l’histoire d’une trentenaire japonaise un peu feignante (d’après les normes de la société japonaise), qui n’a pas d' »obligations » puisque son mari est souvent absent pour son travail, mais qui est très gourmande et qui trouve quand même le courage de se faire un peu à manger, avec ce qu’elle trouve dans ses placards. Sympathique, je m’y reconnais beaucoup, j’avoue ! ^ ^
Les recettes sont véridiques, plus ou moins « bizarres », et très faciles à essayer, même ici, en France.

– « Les gouttes de Dieu« , volume 36 en VO. Je ne lis pas ce manga, mais la couverture m’a beaucoup plu !

– « Tsui no sumika« , de Mio Murao, un manga pour adultes (dans tous les sens du terme !), qui raconte l’histoire d’un salary man de quarante-deux ans dont la femme demande le divorce et qui se retrouve seul, triste et désemparé. Sauf qu’il sera rapidement courtisé par une jeune collègue à forte poitrine fraîchement divorcée, et néanmoins plutôt peu farouche…
L’auteur(e ?), Mio Murao est visiblement spécialisé dans ce genre d’histoires mettant en scènes des femmes à poitrine généreuse. Ce type de seinen « romance pour adultes hommes ou femmes » n’est pas importé en France, ou très peu.

Encore une fois, j’ai fait très attention à mon budget, mais je m’en suis quand même sortie avec un ticket de caisse de 80 euros …

BD / Manga

Shopping Japonais à Paris

J’ai fait 2 belles virées dans le quartier japonais ce mois-ci, et je ne me suis pas privée pour acheter à peu tout ce qui me faisait envie ! Dans la limite du raisonnable bien sûr. ^ ^

Sur la photo ci-dessus vous pouvez voir mon butin du premier jour : des magazines (Seventeen, Mini, Nicola et Cheese), 2 mangas, Fruits et un livre pour apprendre à colorier et dessiner au feutre (au milieu en bas avec la grosse bande rose dans le bas).

Voici le détail des 2 virées shopping :

Toribako House, un manga de Yumi Unita, l’auteure de « Un drôle de père » :

Family Restaurant, un manga de Sumako Kari (inconnue en France pour le moment) :

Cotton Time, un livre pour créer de jolis objets en tissus pour pas cher (Cotton Time est à la base un magazine de création d’objets en tissus, ce livre doit être un « numéro spécial petits prix ») :

Toujours dans la série « craft books », un livre de création de jolies peluches et poupées en tissus, Nuigurumi Style :

le magazine de mode Spring avec une jolie trousse offerte :

Le magazine de photos « streetwear » Fruits :

Le magazine Seventeen, une mine d’or pour trouver des tonnes de poses sympas pour dessiner de jolies minettes manga :

Le magazine de prépublication Ciao, concurent de Ribbon, destiné aux enfants (en soldes à 3€, pourquoi s’en priver ?) ^ ^ :

 

Le magazine de prépublication Cheese :

Un autre magazine pour enfants, Nicola, que j’ai acheté pour la petite peluche trop mignonne offerte :

 

Un livre pour apprendre à colorier, étape par étape, avec des feutres Copic :
Et enfin Paint !, un livre pour apprendre à dessiner des pin-ups manga, étape par étape :

J’ai aussi acheter du matériel de dessin, mais je vous en parlerai plus en détail dans un prochain post.

Stay tuned !! ;)

BD / Manga

Polina, mon coup de coeur BD du jour

J’ai bien fait de toutes les mater, les chroniques BD de Pénélope, parceque là c’est carrément le gros coup de coeur ! Autant pour « Trop n’est pas assez » je n’ai pas compris son engouement, autant là je vais avoir du mal à parler de Polina sans dire la même chose qu’elle ! :)

Cette BD m’a embarqué, m’a fait vibrer, m’a bouleversée ! C’est monté crescendo, au début j’aimais bien, au milieu j’aimais beaucoup, et à la fin j’adorais ! Tellement que j’ai eu envie de la relire une deuxième fois, pour bien la savourer dès le début ! Mais il était très tard et j’ai préféré dormir parcequ’ aujourd’hui j’avais pas mal de travail en retard !

C’est rigolo parcequ’à la base j’avais un à priori très négatif sur l’auteur. J’avais feuilleté quelques-uns de ces derniers ouvrages il y a peu de temps, de ses séries « l’Amour », « La Famille », et j’avais trouvé ça assez vulgaire, autant dans le fond que dans la forme. Je m’étais dit, une fois de plus, que je devais passer à côté de quelque chose, vu le succès de cet auteur, mais que non, vraiment, je n’avais pas été plus emballée que ça.

En ce qui concerne Polina, l’histoire raconte la vie  d’une danseuse, Polina donc, dont on suit le parcours pendant plusieurs années, de son enfance à sa trentaine. Ses amis, ses amours, son apprentissage, ses joies, ses peines. Mais le vrai sujet est justement l’apprentissage et la relation de prof à élève. Et c’est ça qui m’a beaucoup touchée. On a tous, artistes, créatifs et passionnés de tous genres, sauf si on est autodidacte, un prof qui nous a marqué, à qui on continue de penser, même à l’âge adulte, et dont on se remémore les conseils ou critiques, en se disant « ah oui, c’était donc ça dont il parlait », et on le comprends seulement des années plus tard. Et on a envie d’aller retrouver ce prof et de lui dire merci, et qu’on a bien compris ce qu’il nous disait. Eh bien voilà de quoi il s’agit, de passion, pour la danse, mais il pourrait s’agir de n’importe quelle passion, et de passation de savoir. Non, pas vraiment, plutôt de comment un bon prof peut sublimer et faire éclore un talent naissant. C’est vraiment passionnant.

D’ailleurs en me renseignant sur Bastien Vives, j’ai vu qu’il avait fait Penninghen et les Gobelins, deux écoles très prestigieuses, donc y aurait-il aussi une part d’expérience personnelle là-dedans ?

En tous cas, encore une fois certains s’arrêteront au style graphique en disant des idioties comme « oh non, je n’aime pas, ce n’est pas « bien dessiné », pas assez « détaillé », ce que j’aurais pu pensé à une époque, et ils n’auront rien compris. Ce qui compte c’est l’expressivité, et je trouve le dessin de Bastien vives très dynamique, très stylé. Enfin voilà, il a fait Penninghen et les Gobelins, on aura beau dire ce qu’on veut, mais les écoles réputées ne le sont pas pour rien, et les gens qui en sortent sont souvent très bons. Ce qui est normal vu la sélection à l’entrée me direz-vous ! :) Plus je vieillis et plus je me dis que les gens talentueux sont avant tout malins et observateurs (avant même d’avoir fait une quelconque école). J’ai, pour ma part, été trop longtemps beaucoup trop centrée sur moi-même pour pouvoir progresser et arriver au top niveau, mais il n’est jamais trop tard !

Tiens d’ailleurs ça me rappelle une scène d’un de mes films cultes, « Mina Tannenbaum » (d’où mon pseudo, eh oui !). Mina est élève aux beaux-Arts, et dans une scène elle se fait prendre à partie par son prof de peinture qui lui dit, très en colère, que tant qu’elle n’arrivera pas à regarder autre chose qu’elle-même elle n’arrivera à rien. Elle ne comprend pas, et est très vexée. J’avais 18 ans quand j’ai vu ce film, et je n’avais pas compris, à l’époque, ce que ça voulait dire, où ça voulait en venir. C’est seulement récemment que ça a pris sens pour moi. C’est l’avantage de prendre de l’âge, on comprend de plus en plus de choses. Aujourd’hui ce que j’en comprend c’est qu’on est souvent centré sur soi-même, sans même s’en rendre compte, et lorsqu’on dessine (par exemple) on regarde plus notre trait que le dessin, on pense plus à la technique qu’à ce qu’on veut exprimer. Et comme on ne regarde pas l’ensemble, le dessin n’est pas réussi. Quand je revois mes anciens dessins, c’est ce qui me saute aux yeux en tous cas ! C’est ce que je disais dans mon tuto sur comment dessiner une pin-up manga, prenez du recul !! :) Il y en a qui comprennent plus vite que d’autres, ce sont les plus talentueux.

Je m’égare toujours un peu en cours de route, donc revenons à notre belle danseuse ! Le style graphique, assez brut, à l’encre, ne me plait pas particulièrement, mais il est bien maîtrisé, subtil, et s’accomode bien avec l’histoire, donc si à première vous vous « ah non, j’aime pas », essayez de passer au-delà, parceque cette BD est magnifique dans son ensemble !

Le récit commence par une scène où Polina, encore enfant, se rend avec sa mère à une audition pour intégrer une école prestigieuse. A ce moment de l’histoire on ne sait pas encore s’il s’agit d’une mère « abusive » qui pousse sa fille à la réussite pour vivre son éventuelle future célébrité par procuration, ou si c’est la petite fille qui a choisi cette voie. peut-être un peu des deux, on ne le saura pas. Ce qui est sûr c’est que Polina est passionnée, et fera tout pour toucher l’excellence dans son domaine. Lorsque ses camarades pleurent ou abandonnent devant l’apparente dureté de leur professeur, Polina serre les dents, craque parfois, mais n’abandonne pas. Et de rencontres en expériences, elle va toucher au but et devenir l’une des meilleurs danseuses mondiales. On a rien sans rien, et on n’excelle pas sans énormément de travail, voilà aussi ce que nous dit ce récit. Ce n’est pas nouveau, mais c’est bien de s’en souvenir de temps en temps, surtout quand on est une procrastinatrice de mon niveau ! ^^

Je ne veux pas tout vous raconter et vous gâcher le plaisir, donc je ne dirais rien de plus sur le reste de l’histoire ! Sachez juste que c’est raconté avec beaucoup de grâce et de charme, et qu’une fois commencé on ne peut pas s’arrêter avant la fin !

Une BD vraiment touchante, de part la façon dont s’est raconté, les scènes choisies, les dialogues. J’ai trouvé le traitement intelligent, par exemple le professeur principal de l’histoire est toujours dessiné de façon assez schématique, et toujours de la même façon. c’est « le prof à barbe et à lunettes » tel que le perçoivent les élèves j’imagine. Un prof, rien de plus. Puis vers la fin, vient une scène où Polina le retrouve après plusieurs années (argh, j’espère ne pas trop en révéler !!) et on le voit de près, très en détail. Ce n’est plus juste un prof, mais quelqu’un qui prend vie, qui n’est plus juste « le prof » mais l’être humain que Polina a envie de remercier et de connaître mieux. Ça m’a beaucoup plu ça j’avoue !

Donc voilà, si vous voulez lire une bonne BD, allez-y ! Je l’ai emprunté à la bibliothèque mais dès que j’en aurais l’occasion je l’achèterais, avec mes sous, parceque c’est ce que j’appelle de la BD ! :)

Sur ce, bon samedi les amis ! :)

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Ne plus croire Pénélope – 2/2

Ma deuxième déception, suite au visionnage frénétique des chroniques BD de Pénélope Bagieu (la célèbre bloggeuse BD, auteure de « Ma vie est tout à fait fascinante ») a été cette BD de Lewis trondheim : Ralph Azham.

Toute contente que j’étais, quand j’ai trouvé les 3 volumes à la biliothèque ! Lewis Trondheim est pour moi une référence en matière de BD décalée/débile/absurde vachement bien, et un de mes auteurs français préférés, et ça fait un sacré moment que je n’avais rien lu de lui, ça tombait bien. Jadis, dans les années 90, j’avais adoré « La mouche », « Mildiou » ou encore « Le pays des trois sourires ». Plus tard j’ai lu une histoire pour enfants, « Monstrueux bazar », que j’ai aussi beaucoup aimé. Grand auteur ce Mr Trondheim.

Je lui lance quelques fleurs avant de vous dire que je n’ai pas aimé sa BD, vous l’avez compris… :)

Je ne savais pas du tout à quel genre d’histoire m’attendre avec ce Ralph Azham, si ce serait une épopée, une histoire intimiste ou quoi. Malheureusement il s’agit de l’histoire d’un individu, tête de turc de son village, et j’aime pas les histoires de tête de turc, ça me met mal à l’aise. Quand je lis une histoire ou quelqu’un se fait maltraiter sans raison et tout le temps, j’ai juste envie de refermer le bouquin parceque je trouve ça pénible. Pourtant je n’ai jamais été moi-même une tête de turc, donc rien de personnel. Mais je souffre avec l’individu, et je n’ai pas envie de souffrir dans la vie ! :)

Donc là, on comprend dès les premières pages qu’on à affaire à ce genre d’histoire, et du coup ma motivation est directement retombée. Et c’est très personnel comme avis, puisque comme je vous le disais, je n’ai lu que des éloges sur cette BD. En tous cas j’ai du mal à en venir à bout, à trouver l’envie de continuer, parceque je ne suis pas « palpitée » par l’histoire, je n’ai pas spécialement envie de savoir ce qui se passera ensuite. Très honnêtement j’ai déjà connu Lewis Trondheim plus inspiré ! Outre cette histoire de tête de turc, il n’y a rien qui m’a accroché assez pour le moment pour que j’ai envie de continuer. Les bonnes critiques me font penser que je passe peut-être à côté de quelque chose, alors je vais quand même aller au bout de ce premier volume pour voir, pour être bien sûre.

Je vous en dirais plus dès que ce sera fait !

BD / Manga

Ne plus croire Pénélope – 1/2

Il y a quelques semaines je suis tombée par hasard sur les fabuleuses chroniques BD de Pénélope Bagieu, et j’ai totalement été conquise par ses petits témoignages filmés, à tel point que je me les suis tous regardés en une après-midi. Rien fichu d’autre, alors que j’avais plein de boulot en retard. J’étais toute émoustillée de découvrir toutes ces merveilles dont je n’avais jamais entendu parler avant, et je crois que si j’avais eu les sous je les aurais commandés directement sur le site de la Fnac. Parceque j’adore les mangas, j’en lis énormément, mais ce que j’aime en vrai, c’est la BD en général, pas que celle du Japon !

J’avais donc envie de tout lire, tout de suite là maintenant, tellement cette fille est convaincante (et a l’air super sympa). Comme il y en avait quand même pas mal, j’ai choisi d’en acheter une, une de celles qui me faisais le plus envie, pour voir, et d’emprunter les autres à la bibliothèque. Je me méfie souvent des oeuvres qui ont eu des prix, et surtout de celles qui ont un prix à Angoulème, mais là je me suis dit que peut-être pour une fois c’était justifié ?

C’est donc le jour où je suis allée chez BD Net et que j’ai acheté « A nous deux, Paris » que j’ai acheté le pavé d’Ulli Lust, « Trop n’est pas assez« . Ça ressemblait vraiment typiquement à tout ce que j’adore lire en BD : un récit autobiographique racontant la jeunesse punk de l’auteure et son escapade en Italie. J’ai trouvé le titre super, très accrocheur, et la couverture très chouette, et comme il était là, sur l’étagère, je n’ai pas résisté.

Je m’attendais à quelque chose d’assez grandiose, que je kifferais beaucoup, dans la lignée du « Changement d’adresse » de Julie Doucet. C’est donc toute en ébulition que j’ai entamé les premières pages.

J’ai malheureusement assez vite déchanté. Bien que les toutes premières pages soient très prometteuses, la suite devient très vite plate. Ulli Lust nous raconte en images son adolescence punk, et sa rebellion de l’époque. Ok. Donc on lit, parceque ça raconte quelque chose, mais à aucun moment on ne ressent quoique ce soit, à part de temps en temps un peu d’agacement. L’auteure a choisi de ne pas donner son avis sur les évènements. Elle ne dit rien de ce qu’elle ressent ou pense, ou quasi rien, ni à l’époque, ni aujourd’hui, et j’ai trouvé ça vraiment dérangeant. Et puis je n’ai pas trouvé particulièrement intéressante cette jeune punk, pas très intelligente, pas très attachante. Je pense qu’être punk ce n’est pas forcément dans le physique, mais plutôt dans la tête, dans l’attitude, et cette fille je ne l’ai clairement pas trouvée très punk. Ce qu’elle raconte est punk, mais pas elle.

Elle décide de « fuguer » avec une copine parcequ’elle refuse de se laisser dicter une quelconque loi. Jusque-là tout va bien, esprit rebel, jeunesse punk, c’est logique. Mais quand on lit ensuite ce qui lui arrive dans son périple, on se demande vraiment pourquoi elle s’inflige tout ça, et on se demande pourquoi elle ne réagit pas plus que ça. (Je ne vous raconte rien pour ne pas vous spoiler, je suis sympa) :) Mais bon, on pourrait se dire que c’est là où veut en venir l’auteur : parfois, en quête de liberté, on se retrouve plus enfermé et plus contraint que si on ne s’était pas « rebellés ». Sauf que comme je le disais, l’auteure ne nous dit rien, ne nous donne aucune piste sur « que penser de tout ça ? », à nous de nous faire notre propre idée. Moi je n’aime pas trop ça, j’aime bien qu’on me donne un avis, pour que je puisse être d’accord, ou pas, et connaître un peu plus l’auteur en sachant quel est son état d’esprit actuel, et qu’est-ce qu’elle retient de tout ça.

Et je ne sais pas à quoi ça tient, mais c’est raconté sans sentiment, et du coup on ne ressent rien, alors qu’il se passe pourtant pas mal de choses. Enfin, pas tant que ça en réalité, je m’en rends compte en l’écrivant. C’est ça le problème : ça ne raconte rien de transcendant, et c’est ce n’est pas raconté de façon transcendante. Beaucoup de professionnels du cinéma conseillent de se méfier du récit autobiographique car ce qu’on pense être très intéressant, car c’est notre vie, se révèle au final pas si passionnant pour les autres. Je crois que ça peut s’appliquer à tous les domaines créatifs, et que cette BD souffre clairement de ça. Est-ce que cette BD a eu autant de succès et 2 prix parcequ’elle est trash et que les gens sont toujours fascinés par le trash ? Je crois que c’est possible. Y’a un âge où on est friand de trash, entre 21 et 26 ans en général, et plus ça l’est plus on aime. Cette histoire est trash, donc tout s’explique. :)

Enfin, comme je le répète souvent, mon avis est personnel et subjectif, et pour preuve, Pénélope a adoré cette BD. Elle en parlait vraiment avec beaucoup de passion dans sa chronique, et ça avait l’air sincère. Du coup je me suis aussi demandé si c’était pas un truc générationnel ? Enfin, bien sûr que ça l’est, c’est évident, mais dans le cas précis de cette BD, peut-être que si j’avais eu 20 ans j’aurais adoré ? Je ne sais pas … En tous cas là je l’ai lue en entier pour voir et puis parceque ça se lit facilement, mais je n’ai pas été embarquée. Je ne peux pas dire non plus que j’ai trouvé ça nul car ça raconte quand même une histoire, c’est juste que j’ai trouvé que ça manquait de profondeur. j’ai lu certaines critiques qui disent que le récit est « léger et drôle », et je crois qu’il ne faut pas confondre « léger » et « plat ». Il y a des histoires simples, ou racontées de façon légère, qui sont profondes ou qui vous retournent les tripes, mais celle-ci, à mon avis, ne l’est pas, d’où ma grande déception.

Plus haut je parlais de Changement d’adresse, une BD de Julie Doucet, une auteure « punk » culte de la BD underground des années 90 d’origine québecquoise. Pour le coup son look n’était pas très punk, mais elle et ce qu’elle racontait de sa vie l’était, donc si vous avez envie de lire des histoires de jeunesse punk, lisez plutôt les BD de Julie Doucet ! « Changement d’adresse » est ma préférée, mais « Ciboire de criss« , ainsi que son « Journal » paru au début des années 2000, bien qu’un peu moins « punk », étaient très biens aussi. Elle raconte en général ses histoires de coeur, de sexe, sa première fois, sa vie d’artiste, et c’est super bien ! Trash ET bien. ^ ^